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Tournée canadienne couronnée de succès pour la lauréate du Prix Nobel de la paix Oleksandra Matviichuk 3-10 juin

Lors de plusieurs événements organisés dans quatre villes canadiennes – Ottawa, Montréal, Toronto et Winnipeg – Oleksandra Matviichuk, lauréate du prix Nobel de la paix, a sensibilisé l’opinion au sujet du sort des milliers d’enfants ukrainiens volés par la Russie, de l’impact de la guerre sur les femmes et les enfants et de son travail continu avec le Centre pour les libertés civiles d’Ukraine, qui vise à répertorier les violations des droits de la personne et les crimes de guerre, tout en collectant des fonds en faveur des activité de la Fondation Canada-Ukraine à destination de la société civile dans ces domaines.

Mme Matviichuk a discuté des violations continues des droits de la personne perpétrées par la Russie en Ukraine avec des représentants du Gouvernement du Canada et des politiciens, des universitaires respectés, des experts au sein de groupes de réflexion et des étudiants allant du primaire à l’université.

À Ottawa, le 3 juin, Oleksandra Matviichuk a rencontré le Premier ministre Justin Trudeau pour parler des besoins urgents en Ukraine – que justice soit faite pour les crimes de guerre et le retour des 20 000 enfants ukrainiens volés par la Russie. Elle a ensuite témoigné devant le Comité des droits de la personne du Sénat. Elle a été chaleureusement accueillie par les ambassadeurs de Suède et de Norvège (les deux États qui parrainent le prix Nobel) et par l’ambassadeur d’Ukraine. Ces derniers ont organisé conjointement une réception en son honneur. Mme Matviichuk a également organisé un déjeuner privé avec des femmes cheffes de file, notamment des militantes canadiennes des droits de la personne et des personnalités influentes au sein des partis politiques canadiens.

Mardi 4 juin, la lauréate du Prix Nobel a commencé sa journée en rencontrant des députés du groupe d’amitié parlementaire Canada-Ukraine, et a discuté de la nécessité de renforcer les cadres juridiques permettant d’enquêter sur les crimes de guerre de la Russie, et, d’une manière générale, de maintenir l’Ukraine sous les feux de l’actualité. Cette rencontre a été suivie d’une réunion similaire avec un groupe de sénateurs, en particulier ceux actifs dans les domaines des affaires étrangères, de la défense et des droits de la personne. Elle a tenu une discussion approfondie de politique générale avec des représentants de l’opposition officielle sur la meilleure façon de soutenir l’Ukraine.

Elle s’est ensuite rendue dans les deux chambres du Parlement – les tribunes du Sénat et celles de la Chambre des communes – et a été formellement reconnue par les deux présidents, sous les applaudissements des parlementaires. Elle a après rendu une visite de courtoisie au président de la Chambre et s’est entretenue en tête-à-tête privé avec la ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, au sujet des immenses défis que représentent l’identification et le retour des 20 000 enfants ukrainiens qui ont été volés. Elles ont parlé du prochain sommet de la paix en Suisse et de faciliter des échanges afin que les parlementaires canadiens puissent voir de leurs propres yeux ce qui se passe en Ukraine. Mme Matviichuk a ensuite fait une présentation officielle sous-comité des droits internationaux de la personne de la Chambre des communes. Entre ces événements, elle a également réussi à intégrer une brève réunion bilatérale improvisée avec le ministre canadien de l’Industrie, qui s’est rapidement transformée en réunion trilatérale lorsque son porte-parole de l’opposition officiel s’est joint à eux.

Sa journée s’est terminée par une réception destinée à collecter des fonds pour financer le travail de la société civile et le travail d’enquête en cours sur les crimes de guerre.

Tout au long de la journée de mardi, des militants locaux ont organisé une veillée devant les bâtiments du Parlement avec une exposition intitulée « DeTy », un titre à double sens, tiré du mot russe pour « enfants » qui était écrit sur le théâtre de Mariupol, anéanti lors d’un raid de bombardement russe. En ukrainien, ces mêmes lettres épellent les mots « où es-tu »,un hasard approprié qui met en lumière la crise des enfants ukrainiens disparus.

Mercredi 5 juin, la journée a débuté par une réunion de l’équipe Ukraine du ministère de la Politique étrangère au sujet des crimes de guerre de la Russie en Ukraine. Elle a par la suite fait l’objet d’une ovation debout de la part du caucus du Bloc Québécois – qui n’est pas étranger au thème de la préservation culturelle – et s’est franchement entretenue avec le chef du BQ au sujet du génocide culturel et linguistique lors d’une réunion. Elle a ensuite été l’invitée principale d’un déjeuner avec le ministre de la Justice du Canada, Arif Virani. Puis, ils ont partagé la scène lors d’une séance de questions-réponses au sujet des poursuites concernant les crimes de guerre, modérée par le journaliste réputé Paul Wells. Le ministre Virani lui a gracieusement remis un exemplaire encadré de la Charte canadienne des droits et libertés rédigée en ukrainien.

Elle s’est ensuite rendue dans les bureaux du Centre parlementaire, une ONG basée à Ottawa qui se consacre à la promotion de la démocratie, où elle a rencontré les dirigeants de nombreuses organisations canadiennes de développement, de défense des droits de la personne et de la démocratie. Après la table ronde, Oleksandra Matviichuk s’est rendue à l’Arboretum du Dominion à Ottawa, où, lors d’une cérémonie, elle a planté un marronnier blanc – l’arbre officiel de Kiev – à la mémoire des enfants victimes de la guerre. Elle a donné à l’arbre son étiquette officielle et celui-ci fait désormais officiellement partie de la « Collection vivante » de l’arboretum national du Canada – un monument vivant sous l’intendance de la Couronne, pour les générations futures.

La journée s’est achevée par une autre réception diplomatique organisée par l’ambassadrice du Danemark pour célébrer leur fête nationale. L’ambassadrice Hanne Fugl Eskjær a présenté Oleksandra et l’a officiellement remerciée pour son travail devant le gratin de la communauté diplomatique à Ottawa. Elle a pu avoir une deuxième discussion informelle avec la ministre des Affaires étrangères, Mme Joly, avant de partir le soir même pour Montréal.

Jeudi 6 juin, Mme. Matviichuk a rencontré le personnel d’Equitas, une organisation internationale d’éducation aux droits de la personne basée à Montréal, dont elle est elle-même une ancienne élève. Elle s’est ensuite rendue dans le quartier du Vieux-Port de Montréal pour prononcer la première conférence John Lemieux sur les droits de la personne, organisée par L’Institut montréalais d’études sur le génocide et les droits humains (MIGS) de l’Université Concordia. Son discours a été suivi d’une discussion, modérée par des journalistes, avec d’anciens ministres et Irwin Cotler et Chris Alexander, sommités canadiennes en matière de droits de ma personne.

Elle s’est ensuite rendue à l’aéroport pour s’envoler vers Toronto où elle est arrivée juste à temps pour un gala de collecte de fonds au Old Mill à Etobicoke, où elle a prononcé une autre allocution, suivie d’une prestation musicale de la sensation vocale internationale (et Ukrainienne-Canadienne de Winnipeg) Chantal Kreviazuk, récemment arrivée de Los Angeles juste pour montrer son soutien au travail d’Oleksandra. James Temerty, qui soutient généreusement les projets ukrainiens, a présenté Mme Matviichuk sur scène. Elle a remis en privé au principal commanditaire de la tournée une rose de guilde (kalyna) destinée à être plantée sur le sol canadien, en souvenir de la souffrance et de la résilience des Ukrainiens dans leur lutte permanente pour la liberté. Malgré le message sombre, le gala a connu un succès retentissant et a rassemblé les dirigeants de la diaspora ukrainienne dans la plus grande métropole du Canada, ainsi que les alliés de l’Ukraine en ces temps difficiles.

Oleksandra Matviichuk et James Temerty
Crédit photo : Andreï Syrko

Le vendredi 7 juin a débuté par une déjeuner avec les dirigeants financiers du monde des affaires du Canada. Quelques 250 invités – dont la plupart n’appartenaient pas à la communauté ukrainienne – sont venus écouter son message sur l’agression russe et sur la nécessité d’engager des poursuites contre les crimes de guerre. Cet événement s’est avéré être la collecte de fonds la plus fructueuse de la tournée. Elle a ensuite rencontré des enfants et des parents de nouveaux arrivants dans une école ukrainienne (grecque) catholique de Toronto pour leur parler de son travail.

Alors que la nouvelle de la tournée de Mme Matviichuk se répandait, elle a été approchée par les représentants d’une galerie d’art pour visiter une exposition temporaire spéciale dédiée à Banksy. Celle-ci inclut des photos représentant de l’art de rue récent de l’artiste dissident mystérieux à Kiev, qui proteste contre la guerre d’agression de Poutine. À la surprise de Mme Matviichuk, le commissaire de l’exposition et de nombreux membres du personnel de la galerie Lighthouse parlaient parfaitement l’ukrainien.

Le dernier événement de la journée a été une conférence à la Munk School de l’université de Toronto (UofT), où les étudiants ont pu poser des questions sur son travail et sur la guerre qui a lieu actuellement. La conférence a été suivie d’un dîner en son honneur organisé par la faculté, au cours duquel la Vice-première ministre Chrystia Freeland, invitée d’honneur, s’est jointe à la discussion. (Mais ne le dites à personne ; elle était censée faire du porte-à-porte pour l’élection partielle de St. Paul’s, où se trouve l’UofT!)

Samedi matin, Oleksandra a pris l’avion pour Winnipeg, où elle a été magnifiquement accueillie à l’aéroport avec un pain ukrainien orné – korovai – et du sel. Il s’agit d’une ancienne salutation traditionnelle pour les invités d’honneur. Elle s’est rendue à Oseredok pour une visite guidée par l’équipe dirigeante de l’institution, qui lui a fait découvrir la galerie d’art et les archives qui conservent des objets ukrainiens inestimables depuis quatre-vingts ans.

Avec juste assez de temps pour se changer pour assister à un autre gala, la lauréate ukrainienne du Prix Nobel de la paix a fasciné son auditoire avec son appel à l’aide en faveur de l’Ukraine. Dans un émouvant moment de solidarité, Buffalo Stone, gardien du savoir de la nation Dakota, a accueilli Mme Matviichuk avec deux cadeaux : une jupe à rubans représentant à la fois les enfants autochtones des pensionnats, les femmes autochtones disparues et assassinées et les enfants volés d’Ukraine, et une plume d’aigle blanche enveloppée de rubans bleu et jaune – priant pour la paix en Ukraine.

Mme Matviichuk a été présentée par le sénateur A. Raynell Andreychuk, avocat, juge et sénateur accompli, ainsi que par le député de l’Assemblée législative du Manitoba Mark Wasyliw, qui l’a saluée au nom du Premier ministre. La chanteuse canadienne Chantal Kreviazuk a de nouveau enchanté le public avec sa chanson en hommage à Mme Matviichuk.

Oleksandra et Chantal Kreviazyk
Crédit photo : Andreï Syrko

Lors de son dernier jour au Canada, le dimanche 9 juin, Mme. Matviichuk a déposé des fleurs sur le mémorial de l’Holodomor devant l’hôtel de ville de Winnipeg. Elle s’est ensuite rendue au Musée canadien pour les droits de la personne pour une visite guidée par l’équipe dirigeante du musée. Elle a terminé par une conférence de presse conjointe avec la directrice générale, Isha Khan. Les invités ont ensuite assisté à la projection d’un documentaire sur les enfants ukrainiens volés, tandis que Mme Matviichuk faisait ses adieux au Canada et se rendait à l’aéroport pour assister à une conférence à Berlin.

Suite à sa tournée, Mme. Matviichuk a déclaré : « [je suis] sincèrement reconnaissante à la Fondation pour cette tournée, que je peux considérer comme la meilleure de ma vie. Chaque minute de mon séjour au Canada a été réfléchie et efficace. Ce fut une tournée vraiment remarquable, qui témoigne de l’équipe exceptionnelle qui l’a organisée. Je m’en souviendrai toujours avec gratitude pour tous vos efforts !!! »

Elle a également envoyé une vidéo que la FCU a posté en son nom, avec le message suivant à tous les Canadiennes et Canadiens : « Cher Canada, merci de m’avoir accueillie si gracieusement au cours de ces sept derniers jours. Merci d’avoir écouté ce message important – l’Ukraine souffre. Quotidiennement. Des innocents se font massacrer par la guerre génocidaire de la Russie. L’Ukraine a besoin de votre aide. S’il vous plaît, n’oubliez pas mon peuple. Nous menons une guerre pour la liberté. C’est une guerre pour la civilisation elle-même – en votre nom également. Merci à la Fondation Canada-Ukraine d’avoir rendu ce voyage possible, de m’avoir permis de visiter votre beau pays. Slava Ukraїni!”