Partout en Ukraine, les secouristes foncent en direction des bruits de bombardements et ne s’en éloignent pas, bien au contraire. Ces personnes ne portent pas d’armes et ne sont équipées que de gaze, de garrots et de leur courage.
Et pourtant la croix rouge, autrefois un symbole universel de protection, est devenue une véritable cible.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), plus de 2 200 attaques ont visé des hôpitaux, des cliniques et des ambulances depuis le lancement de l’invasion à grande échelle en 2022. Il s’agit du nombre le plus élevé jamais enregistré dans le cadre d’un conflit.
Plus de 600 véhicules médicaux ont été détruits et le personnel ambulancier court un risque trois fois plus élevé d’être blessé ou de décéder que les autres professionnels de santé.
Comme l’a déclaré une personne urgentiste ukrainienne à Al Jazeera en juillet 2025, désormais, les forces russes « pourchassent les ambulances ». Ce qui relevait auparavant du droit humanitaire est maintenant synonyme d’ouverture de la saison de la chasse aux personnes qui sauvent des vies.
La guerre par drones interposés a transformé le champ de bataille. Les drones patrouillent désormais toutes les routes et tous les champs, frappant au moindre signe de mouvement.
« L’heure d’or », cette période critique durant laquelle une personne blessée peut être sauvée, a maintenant disparu. Les urgentistes pratiquent des interventions de niveau chirurgical dans des bunkers, sous le feu des drones et des tirs d’obus, souvent sans électricité et sans anesthésie.
Une personne urgentiste se trouvant sur la ligne de front s’est exprimée anonymement en janvier 2025 pour en dresser le bilan : « Vous ne pouvez même plus vous souvenir des visages. Parfois, il y en a des centaines rien qu’en un jour… et nombre d’entre eux ont des plaies énormes. Vous ne pouvez pas sauver tout le monde. »
Dans la partie est de l’Ukraine, là où les hôpitaux accueillaient autrefois des millions de personnes, la plupart du personnel médical a fui. Les personnes qui restent travaillent jusqu’à ce que leurs mains tremblent, en essayant de garder en vie les blessés avec le peu qui reste à leur disposition.
Le coût dépasse le simple aspect physique. L’épuisement et les traumatismes sont désormais monnaie courante parmi les professionnels de la santé d’Ukraine.
Après des années de pertes humaines incessantes, les observateurs et observatrices de l’OMS font état d’un surmenage généralisé et de blessures morales.
Les séquelles émotionnelles sont profondes, mais la détermination l’est tout autant. Chaque secouriste qui reste mène deux combats : l’un contre les blessures à traiter et l’autre contre le désespoir.
Chaque manuel imprimé, chaque cours dispensé, chaque secouriste formé constitue un facteur pouvant multiplier des vies. Dans une guerre où les hôpitaux sont sous le feu des attaques et les ambulances prises pour cibles, la formation est la seule arme qui permette de sauver des vies.
« Vous ne pouvez même plus vous souvenir des visages. Parfois, il y en a des centaines rien qu’en un jour… et nombre d’entre eux ont des plaies énormes. Vous ne pouvez pas sauver tout le monde. »
Pour aider à répondre à cette crise, la Fondation Canada-Ukraine (FCU) apporte un financement essentiel à la American-Ukrainian Medical Foundation (AUMF) dans le cadre d’un projet historique qui a pour objectif de former et d’équiper la prochaine génération de secouristes d’Ukraine.
L’AUMF traduit et adapte en ukrainien les normes mondialement reconnues dans le manuel de Pre-Hospital Trauma Life Support (PHTLS), pour ainsi créer le premier programme de formation unifié portant sur les soins traumatologiques à l’attention d’une nation en guerre.
Avec le soutien de la FCU, ce projet permet de transmettre des connaissances vitales directement sur le terrain, donnant ainsi aux formatrices et formateurs d’Ukraine les moyens d’enseigner leur savoir aux nouveaux secouristes dans les régions les plus durement touchées, dans des lieux où toute évacuation est souvent impossible.
À propos de l’auteur
Bohdan Cherniawski, SBStJ, CD, BScN, RN, est infirmier en traumatologie, ancien combattant et membre du Conseil d’administration de la Fondation Canada-Ukraine.
Récipiendaire de l’Ordre vénérable de Saint-Jean de Jérusalem, il a mené des initiatives médicales et humanitaires à travers l’Ukraine et l’Europe de l’Est.

Les premiers secours d’Ukraine mènent un combat sur la ligne de front pour les autres. Ils ont besoin que nous combattions à leur côté.
Contribuez à la formation et l’équipement des personnes sauvant des vies en Ukraine. Car, seul, le courage ne suffit pas : ce sont les connaissances qui sauvent des vies.
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À propos de la Fondation Canada-Ukraine (FCU)
Créée en 1995, la FCU jouit d’un bilan solide concernant l’assistance humanitaire qu’elle fournit à l’Ukraine dans les domaines des soins de la santé, de l’éducation et de la société civile. La FCU travaille en collaboration avec des fournisseurs d’aide en Ukraine, au Canada, et au-delà, afin de maximiser les retombées et la rentabilité de votre soutien.